Avis : Le collier rouge – Jean-Christophe Rufin

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Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte pour avoir osé bafouer la République. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Le juge qui arrive pour démêler l’affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Et puis, il y a une femme…

Une intrigue, une enquête, un amour et au milieu des personnages, un chien, qui détient la clef du drame…

 

Durée d’écoute : environ 3 h 30 mn

 

Pourquoi ce livre ?

J’ai emprunté ce livre à la médiathèque sous format audio car il faisait simplement 3H30 d’écoute et que depuis très longtemps j’entends parler de Jean-Christophe Rufin sans le lire. J’ai donc préféré commencer par un court roman de cet auteur malgré la présence de deux autres romans dans ma pile à lire : Le Grand Coeur et Check Point. Le collier rouge fut donc pour moi une mise en bouche et m’a réellement donnée envie de découvrir les autres romans de cet auteur !

L’histoire :

Nous suivons plusieurs personnages liés par une seule personne : un prisonnier. Jusqu’à la fin du roman un grand mystère entoure la raison de l’emprisonnement de ce soldat qui pourtant semble être vu comme un soldat revenu de la première guerre mondiale avec les honneurs. Les personnes que le juge va interroger sur ce prisonnier laissent toutes à penser qu’il s’agit d’un homme lambda qui jusque là n’a pas fait beaucoup de vagues. Ce qui explique encore moins le geste qui lui a voulu son emprisonnement.

A côté de cela, on suit également le chien du prisonnier qui ne cesse d’aboyer. Le juge, on le comprend vite a autant d’intérêt pour le prisonnier que pour son chien. A raison puisque lui aussi tient un rôle majeur dans l’emprisonnement de son maître. Le juge va alors mener son enquête auprès de la communauté et du prisonnier lui-même.

On découvre alors que la guerre n’y est pas pour rien…

Mon avis :

J’avoue avoir commencé ce roman sans en savoir grand chose. Je ne pensais pas que le thème de la première guerre mondiale y serait abordé et ce fut une bonne surprise pour moi.

Les personnages décrits sont authentiques, ils ont des qualités et des défauts. Je n’ai eu ni sympathie ni antipathie pour eux. Ils sont tous un peu victime de leur vie, et d’un environnement après-guerre incertain. On sent peu d’optimisme. La guerre est encore trop présente dans les esprits et elle a fait trop de ravages. Aussi bien pour les soldats que dans les campagnes. 

A travers un fait anecdotique, Jean-Christophe Rufin réussit à dépeindre un portait réaliste de cette période. Au final, la révélation de l’acte commis qui nous tient en haleine tout le long du roman n’est pas le plus important. C’est bien le récit du soldat et ce qui l’a amené à être condamné qui nous donne une vraie matière à réfléchir. En affrontant les visions du juge et du prisonnier, on discerne bien deux visions de la guerre. Je n’arrive pas à avoir un jugement envers ces deux visions, elles existent. C’est tout. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, ceux sont également deux comportements humains face à une période difficile de l’Histoire.

En bref :

Un roman que je conseille. Il est court, réaliste et m’a totalement convaincue de découvrir les autres romans de cet auteur !