Avis : Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

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Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l’arrivée d’Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.

Baignant dans un climat aussi concret que poétique, ce premier roman envoûtant et singulier d’Emmanuelle Favier a la force du mythe et l’impalpable ambiguïté du réel.

Pourquoi ce livre ?

4ème lecture dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire. Ce livre à la couverture hivernale ne me disait pas grand chose. Même si j’ai eu l’occasion de le voir à plusieurs reprises sur des blogs présentant des livres de la rentrée littéraire. Je m’y suis plongée sans a priori ou avis extérieur. Ne faisant que 200 pages et disponible à la médiathèque, je l’ai emprunté et l’ai lu en moins de 24H !

Mon avis

Nous faisons rapidement la connaissance de Manushe, une femme assez mure qui semble avoir un rôle un peu particulier dans son village. Ecoutée par le chef de village, crainte par certains, elle a endossé le rôle d’un homme. Jusqu’au jour où un homme arrive au village et perturbe sa petite vie tranquille.

Nous découvrons alors le personnage d’Adrian ainsi que son passé. S’ensuit alors le récit de trois destins de femmes liées les unes aux autres. Dissimulant leur féminité pour différentes raisons.

L’histoire se pose très rapidement et j’ai adoré être de suite dans le quotidien de Manushe. On la découvre à travers sa vie de tous les jours. Et son trouble face à l’arrivée d’un inconnu dans le village en est d’autant plus mystérieux. Puis le personnage de Manushe s’efface pour laisser place à l’histoire d’Adrian.

L’histoire d’Adrian est au coeur du roman et occupe le lecteur pendant presque la moitié du livre. J’ai été un peu frustré d’ailleurs de quitter le personnage de Manushe. Trop tôt à mon goût pour ne la revoir qu’à la fin du roman.

Le personnage principal de l’histoire reste Adrian, et autour de lui gravite deux femmes. Même si j’ai apprécié l’ambiguïté du personnage d’Adrian, j’ai un peu eu l’impression d’être trompée par rapport à la quatrième de couverture.

L’histoire m’a rappelé un autre livre que j’ai lu récemment Les Dieux du tango. La sensualité en moins, malheureusement. Ici la vie est rude et cruelle parfois. On sent le froid et la pudeur des relations.

En résumé

J’ai été touché par la plume d’Emmanuelle Favier. Mais parfois la poésie l’emportait un peu trop sur le recit et me perdait un peu. J’en sors avec une impression un peu mitigé. J’ai beau avoir apprécié ma lecture, je n’en sors pas avec de grandes émotions. Je ne me suis pas attachée aux personnages et à leur histoire, alors que le thème principal du roman m’intéresse vraiment. Peut-être le roman est-il trop court par rapport à mes attentes ?

 

Livre lu dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire 2017