Avis : Le jour d’avant de Sorj Chalandon

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«  Venge-nous de la mine  », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Pages : 336
Prix : 20.90 €
Parution : 16/08/2017
Edition Grasset

Pourquoi ce livre ?

Rares sont les auteurs pour lesquels  j’achète tout les livres les yeux fermés. Mais si je devais en nommer qu’un seul, ce serait Sorj Chalandon. C’est vous dire quelle place il occupe dans la littérature pour moi. Depuis la lecture de Mon traître, je suis chaque parution de cet auteur avec beaucoup d’impatience. Alors forcément quand mi-août j’ai découvert la parution du Jour d’avant c’était une évidence. Il fallait que je le lise. Quitte à mettre mes autres lectures en pause, ça ne pouvait pas attendre !

 

La mine, cette activité méconnue

Le jour d’avant c’est un drame qui a réellement eu lieu dans le bassin minier du Nord de la France en 1974. J’ai un peu honte d’avouer que je ne connais absolument rien à ce domaine d’activité pourtant très ancré dans le paysage historique de la France. J’ai donc appris beaucoup à la lecture de ce roman. A commencer par la salle des pendus, cette salle où les miniers accrochent leurs vêtements de ville à des espèces de crochet et les font remonter jusqu’au plafond. Laissant imaginer une nuée de fantômes pendus. J’avais tellement de mal à y croire et à me l’imaginer, que je suis allée sur Google pour vérifier !

Aussi, ce fut l’occasion de découvrir la vie des mineurs et de leur famille. Avec cette peur constante qu’un accident arrive. Cette certitude également que même s’ils vivent vieux, la mine les aura tués intérieurement. Nombreux sont ceux qui ont souffert de problèmes médicaux une fois à la retraite. C’est tout cela que Sorj Chalandon dépeint dans le Jour d’avant, et c’est magnifique. Tragique, emprunt de colère mais magnifiquement bien écrit.

Un de ses meilleurs livres

C’est certainement, à mon sens l’un de ses meilleurs livres. Pour moi cet auteur à l’origine journaliste a réussi à ne pas tomber dans les travers de cette profession. Ses livres ne sont jamais distants, ou trop descriptifs. Il arrive à partir d’un fait réel à  en dépeindre une fiction qui pourrait être tout à fait réelle. C’est bien construit. Dès les premiers chapitres j’ai commencé à surligner des passages. Des dialogues entre un père agriculteur et son fils aspirant minier. C’est direct, amer et tellement vrai.

Arrivée aux trois quart du livre où l’on pense avoir tout compris, un évènement vient tout remettre en question et on cogite. Il y a une profond réflexion sur la question de la justice, et de la vérité. Est-ce possible que deux vérités co-existent ? Cette vérité propre à chacun qu’on se crée pour se réconforter et dans laquelle on s’emprisonne?  Et puis l’autre vérité qu’on renie ?

J’ai été tellement fasciné par l’activité minière et son histoire que j’ai très envie de continuer à lire sur ce sujet. Romans comme essais. Aussi fou que ça puisse paraître, Le Jour d’avant m’a donnée envie de lire Germinal !

En résumé :

Vous l’aurez compris : c’est un livre que je ne peux que chaudement vous recommander. Le premier de ma sélection pour la rentrée littéraire mais je suis quasiment sûre de pouvoir dire que ce sera ma meilleure lecture. Un livre qui fera également partie de mon top 5 de l’année. Bref, vous ne pouvez pas passer à côté ! Foncez.

Ce roman fait parti du challenge 1% de la rentrée littéraire 2017