Avis : Paroles d’honneur – Leila Slimani & Laetitia Coryn

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Rabat, été 2015.
Suite à la parution de son livre Dans le jardin de l’ogre, un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l’addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco-maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère.

Pourquoi ce livre ?

Ce livre était dans ma wish list depuis peu, et j’ai eu la chance de l’avoir en cadeau pour mon anniversaire. Je l’ai lu le jour même et ça a été une très belle découverte !

Mon avis

De Leila Slimani, j’ai pu lire deux romans : Dans le jardin de l’ogre et Chanson douce. J’ai trouvé le sujet interessant pour le premier et suis un peu passée à côté du second.

Dans cette BD, nous retrouvons Leila Slimani en promotion de « Dans le jardin de l’ogre » qui traite de l’addiction sexuelle féminine. Elle fait la rencontre de Nour une quadra marocaine qui lui raconte sa vie et ses difficultés de femme célibataire. S’ensuit alors un échange entre les deux femmes, teinté d’anecdotes, vécues d’elles-mêmes ou par leurs amies.

Même si je ne pense pas qu’un livre puisse retranscrire toute la complexité d’un pays, j’ai beaucoup appris par cette lecture. Par exemple, je ne pensais pas que la pénalisation de l’homosexualité y était encore présente. J’ai beaucoup apprécié l’angle choisi par les auteures. En évoquant la femme et sa sexualité à travers des récits, on ne tombe pas dans la moralisation. Il s’agit simplement d’un constat de la vie quotidienne de ses femmes. Des difficultés qu’elles peuvent rencontrer pour se loger si elles sont célibataires, du tabou qu’entoure l’IVG et bien d’autres sujets.

J’aurai vraiment aimé y rester encore un peu plus longtemps, pour y découvrir d’autres anecdotes. Certes on pourrait lui reprocher la vision assez pessimiste de la vie de femme au Maroc, que la réalité est différente entre les grandes villes et la campagne. Mais, j’ai trouvé ces récits nécessaires pour rappeler que certaines pratiques existent encore. De même, la fin de la BD est un dialogue entre plusieurs femmes et se veut très optimiste quant à la capacité de la société à évoluer.

Le dessin également est très appréciable, les couleurs sont douces et le trait léger. Presque poétique. Contrastant parfaitement avec le fond de la BD plutôt lourd et sérieux.

En bref,

Une BD-reportage que je ne peux que vous recommander 1 000 fois, c’est un véritable coup de coeur ! Je suis vraiment heureuse qu’on me l’ai offert et je pense sincèrement la relire à l’occasion, et la prêter également à mon entourage.