Avis : Le philosophe qui n’était pas sage – Laurent Gounelle

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“Deux destins qui s’affrontent, deux conceptions de la vie que tout oppose. Sandro, jeune philosophe rongé par l’amertume depuis la disparition de sa femme, décide de se rendre au coeur de la forêt amazonienne pour s’attaquer au bonheur d’une tribu réputée être la plus heureuse au monde. Mais face à son désir de vengeance va se dresser la jeune Elianta, déterminée à protéger les siens… Un roman captivant ; plein d’humour, de sens et de suspense. Une histoire surprenante qui cache une subtile remise en cause de notre société.”

 

 

Date de parution :
16 Janvier 2013
Durée :
7h12

 

Mon avis

J’ai emprunté ce livre audio à la médiathèque, et c’était mon premier livre de cet auteur. Certes me direz-vous que c’est un auteur très connu et que c’est un peu fou d’avoir attendu jusque là pour le découvrir. Pourtant, je crois que je n’ai pas choisi le meilleur de ces livres pour commencer. J’ai un peu l’impression d’être passé à côté de ce livre et de l’auteur par la même occasion.

Premier hic pour moi : le narrateur ! Je ne pense pas être très exigeante en matière de voix mais là,  allez savoir pourquoi,  la voix grave et un peu monotone du narrateur m’a assommé. Déjà qu’il ne se passait pas grand chose, j’avais le sentiment que le narrateur s’ennuyait lui aussi.   Encore une fois, c’est tout à fait personnel et peut-être que cette voix paraîtra envoûtante à d’autre personnes !

Concernant l’histoire, j’ai trouvé le sujet intéressant dans l’idée mais malheureusement pas assez bien exploité. Il y a notamment quelques longueurs qu’on ressent vraiment à l’oral. Le livre ne fait que 300 pages à l’écrit et pourtant j’ai du mettre un mois à l’écouter !

Le thème du deuil et de la vengeance ne sont abordés que très rapidement à quelques moments mais ne sont pas les sujets principaux. Toutefois, quelques messages sont assez finements amenés. Notamment sur comment rendre un peuple primaire malheureux en essayant de répliquer une société de consommation. Mais là encore, ces passages sont divisés en deux parties : la première “intellectuelle” avec le philosophe qui nous explique comment instaurer le malheur en théorie, puis la seconde partie concerne la mise en pratique. Autant j’ai beaucoup aimé la première partie car elle laisse vraiment à réfléchir sur ce qu’est le bonheur et le malheur. Autant la mise en pratique prenait trop le dessus, beaucoup de longueur et le personnage du mercenaire m’a profondément agacée.

De manière générale, j’ai trouvé les personnages trop manichéens : le mercenaire brusque sans foi ni loi, le philosophe en deuil, la chamane qui perçoit des choses sans être vraiment sûre d’elle, les amazones simplement heureux de vivre…Sans parler des relations entre eux : le coup de foudre qui délivre du malheur, un peuple primaire qui parle parfaitement anglais…Autant de petites choses qui font tiquer et lever les yeux au ciel tellement c’est peu crédible.

Enfin, concernant le dénouement je l’ai trouvé un peu trop sommaire pour ne pas dire brouillon. Le personnage de Sandro qu’on a, à peine entre-aperçu pendant tout le roman se retrouve (enfin!) le personnage principal. Mais son comportement opère à un changement de 180° sans qu’on sache réellement la raison. Il fait enfin son deuil et affiche des regrets sans qu’on comprenne trop son cheminement, c’est donc assez déroutant et un peu décevant. J’aurai aimé que le sujet du deuil soit davantage mis à l’honneur et que Laurent Gounelle creuse un peu ses réflexions philosophiques. En l’état nous en avons des bribes pour nous donner l’impression qu’on en parle mais concrètement on apprend rien de nouveau. Conclusion : pour être heureux vivons cachés et ne nous attachons pas aux objets matériels. Rien de nouveau sous le soleil.

Concernant l’auteur, je pense toutefois lui laisser une seconde chance avec son dernier roman “Et tu trouveras le trésor qui dort en toi” que j’ai en version numérique. Je ne suis pourtant pas une grande amatrice de livres sur la religion mais je vais essayer. Pas tout de suite par contre, il faut encore que je digère cette épisode mitigée !