Avis : Tokyo – Mo Hayder

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Obsédée par un passé tumultueux, elle a quitté son Angleterre natale dans le seul but de retrouver un vieux film disparu. Ces images seraient l’unique témoignage visuel des atrocités commises par les Japonais à Nankin en 1937. Un seul homme pourrait aider Grey. Un survivant du massacre, professeur à l’université Todai. Mais ce dernier, méfiant, refuse de répondre aux questions de la jeune femme. Perdue dans une ville étrangère où elle ne connaît personne, Grey accepte un emploi d’hôtesse dans un club de luxe fréquenté par une clientèle d’hommes d’affaires et de yazukas. Parmi eux, un vieillard en fauteuil roulant entouré de personnages terrifiants, et qui doit, paraît-il, sa longévité à un mystérieux élixir, qui suscite bien des convoitises…

 

Pourquoi ce livre ?

J’ai acheté ce livre il y a environ 5 ans, alors que j’étais abonnée France Loisirs. En septembre dernier, j’avais mis ce livre dans ma PAL mensuel car je partais au Japon en octobre et voulais lire plusieurs romans de ma bibliothèque sur ce pays. Evidemment, j’ai eu les yeux plus gros que le ventre et je n’ai pas lu ce livre en septembre. Ni en octobre. Mais ce livre est quand même parti avec moi au Japon pendant 10 jours. Sait-on jamais l’envie pouvait venir sur place, il fallait paraitre à toute éventualité ! Nous sommes donc en Mars et j’ai enfin lu ce livre. En grande partie grâce à ma copine blogueuse Valentine avec qui je l’ai lu en lecture commune.

L’erreur de casting

Avant de débuter ma lecture, j’étais sûre de lire un thriller sur une jeune femme anglaise ayant quitté son pays car elle était recherchée. Je ne sais pas d’où me venait cette idée mais elle était complètement fausse ! C’est totalement de ma faute j’en conviens, je n’avais qu’à relire le quatrième de couverture. Mais de fait, cette idée m’a trottée dans la tête pendant les cinquante premières pages. Comme si l’histoire ne prenait pas la direction initiale que j’avais prévu. Passé cet effet, j’ai fini par me concentrer sur ma lecture.

Un début prometteur

J’ai lu les cent premières pages très rapidement. L’histoire est divisée en deux. La première contemporaine où l’on suit Grey une jeune femme anglaise débarquant à Tokyo pour voir une vidéo. Et la seconde est le journal d’un personnage en 1937 assistant au massacre de Nankin. J’ai bien aimé la découverte de Grey à Tokyo, elle est perdue, elle a des secrets, on ne sait pas trop où tout cela va nous mener mais pourquoi pas. Il y a quelque chose en elle d’assez sombre, puisque très rapidement on comprend qu’elle a passé beaucoup de temps à l’hôpital. L’autre partie de 1937 me plait aussi même si je la trouve un peu longue, il ne se passe pas grand chose, on est beaucoup dans les spéculations et dans l’attente.

Passé la découverte, l’ennui

Malheureusement passé le début du récit et la découverte des personnages, mon élan s’essouffle. Je n’aime pas tellement le tournant prit par l’auteur. Il y a un côté sombre que je n’aime pas. C’est tout simplement glauque. On y découvre le passé de Grey qui est franchement difficile. Personnellement je n’ai pas compris ces choix, ni pourquoi elle en était arrivée là. A Tokyo, Grey travaille dans un bar à hôtesse, son coloc Jason est très bizarre. Il ne se passe pas grand chose jusqu’à la moitié du roman. Grey est missionné pour découvrir la potion magique d’un vieillard venant parfois dans son bar à hôtesse. Sauf qu’il ne vient pas souvent. Du coup on traîne en longueur pour pas grand chose. De la même manière pour le récit de 1937, notre protagoniste est sûr de lui et refuse de quitter Nankin. Il reste alors confiné avec sa femme dans leur maison… De l’attente encore de l’attente.

Un regain vers la moitié du livre

Vers la moitié du livre, heureusement j’ai eu un regain d’intérêt pour ce livre. Un élément a suscité mon attention. Il se passe enfin quelque chose avec notre mystérieux vieillard ! Tout s’accélère enfin même si c’est franchement de plus en plus glauque. Le passé de Grey devient de plus en plus clair, on comprend mieux pourquoi elle avait besoin de venir à Tokyo. Même ces passages n’étaient pas des plus faciles, ce n’était pas les pires. J’ai clairement eu un problème avec la thématique du cannibalisme qu’on découvre dans le dernier tiers du roman. Je me suis donc dépêchée de finir ce roman afin de passer à quelque chose de plus gai et non pas pour connaître la conclusion !

En résumé

Si tout fini par faire sens, ce roman aurait toutefois gagné à être plus court. J’ai eu également un peu de mal avec l’écriture de Mo Hayder : des phrases trop longues, pas assez incisives. J’ai eu tendance à lire quelques passages en diagonale. Le seul vrai point positif que j’ai trouvé à ce roman est la dimension historique. Je ne connaissais que très peu le massacre de Nankin (vague souvenir de cours d’histoire de la Chine) et ce roman m’a donné envie de faire des recherches supplémentaires sur l’histoire de la Chine et du Japon.

  • valou

    La dimension historique est indiscutablement le point fort de ce roman, sinon il aurait été bien creux. On ressent en effet plus ou moins les mêmes impressions de lecture.
    Le côté cannibalisme m’a semblé tellement forcé, et cette Grey !!! Bref, un roman a effacer vite par d’autres lectures plus enrichissantes. rendez-vous le mois prochain avec Donna Tartt 🙂

    • Hehe en effet : voyons le bon côté des choses… un livre en moins de notre PAL ! 😉