Je suis semi-marathonienne !

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Cette année pour Pâques, j’ai couru un semi-marathon à Bordeaux. Je vous raconte tout maintenant que j’ai eu le temps de bien digérer et bien me reposer !

La décision

En 2013, j’ai couru les 20 km de Paris. Ce fut une expérience très forte tant sur le point physique : je n’étais clairement pas assez préparée. Que mental : je ne me croyais pas capable de finir jusqu’à la fin de la course. Une fois ce premier défi relevé, l’idée d’un semi-marathon a germé et a fait son bout de chemin jusqu’à … 2017 donc. Il y a avait bien eu une tentative en 2014 où je m’étais inscrite au semi-marathon de Paris, mais le manque d’entrainement a eu raison de moi et je n’y suis pas allée. J’ai juste perdu 50€ !

En septembre 2016, alors que j’avais bien repris le sport : course, RPM, muscu, natation, j’avais besoin d’un nouveau challenge. Alors forcément le semi-marathon a refait surface. Début décembre 2016, je m’inscris alors au semi-marathon de Bordeaux qui a lieu le 15 avril 2017. Niveau plan d’entraînement je pense alors être plutôt large.

Pourquoi Bordeaux ?

J’avais assisté à la première édition et l’ambiance était vraiment au top. L’originalité de cette course étant également qu’elle se déroule le soir, il y a donc beaucoup de personnes dans les rues à encourager les coureurs. En plus je connais un peu la ville, je n’étais donc pas totalement en terrain inconnu et c’est déjà un peu plus rassurant.

Autre point positif : la course a lieu mi-avril ! C’était pour moi la date idéale : pas trop chaud, pas trop froid. Risque de pluie moins grande… et puis c’est Bordeaux c’est quand même plus au sud de Paris !

Et la cerise sur le gâteau : Je garde le meilleur pour la fin – mon meilleur ami habite cette ville ! Du coup forcément j’ai squatté chez lui et hormis le samedi soir on a passé un week-end fort sympathique à papoter et à marcher dans la ville. (on en reparlera plus tard Jérémy !!!)

L’entrainement

Revenons quelques mois auparavant avant la course et donc à mon entrainement. J’étais plutôt assidue jusqu’à novembre et puis le froid, la maladie ( 2 semaines d’arrêt maladie), les vacances (encore 2 semaines) ont eu raison de moi. J’ai donc fait une belle grande pause de plus d’un mois, peut-être même 2 … J’ai réellement repris la course à partir de fin janvier. Pourtant en regardant sur internet des plans d’entrainement, je n’étais pas spécialement à la bourre. Du coup je ne suis pas vraiment inquiétée. Sauf que voilà, à multiplier les autres activités je courrais 2 fois par semaine maximum et toujours sur des distances inférieures à 10 km. J’aimerais vous dire que je m’étais préparée un plan d’entraînement aux petits oignons que j’ai suivi scrupuleusement mais c’est faux. J’ai fait un peu comme j’en avais envie et quand j’en avais envie. Je pensais qu’avec le sport que je faisais à côté, je serais de toutes les manières plus préparées que l’épisode de 2013. En un sens c’était vrai, je n’ai eu que très peu de courbatures le lendemain. Mais sur le moment, mon manque de sortie longue a vraiment eu un impact sur ma performance et mon mental.

La plus grande erreur que j’ai du faire avant la course c’est de ne pas du tout faire de sport la semaine précédent le semi. A la base je voulais faire une petite sortie de 5km mais je me suis cachée derrière la fatigue et le manque de temps pour ne pas y aller. Résultat j’ai couru 10 km 2 semaines avant le semi puis… plus rien.

La veille du jour J

Arrive le vendredi soir, heure du départ pour Bordeaux en train. Toute la journée je profite pour lézarder, me reposer, passer un moment avec une amie, même si j’ai quelques maux de ventre depuis le matin. Des sortes de crampes à l’estomac m’empêchent de manger depuis le matin, mais je passe outre, je prends un Spasfon dans l’espoir que ça passe.

Quelques heures avant de partir, c’est de pire en pire je ne tiens pas debout, je suis obligée de rester assise ou allongée. Seules positions que je supporte. Le trajet en métro jusqu’à Montparnasse me parait être interminable, j’ai peur de m’évanouir, voir de tomber par terre de douleurs. Heureusement, je trouve une place assise dans mes deux trajets, j’arrive un peu à retrouver mes esprits. Arrivée à Montparnasse, à nouveau ces longs couloirs interminables j’arrive sur le quai. L’homme me retrouve : apparemment je suis livide. Il me propose de ne pas partir. C’est hors de question, quitte à consulter un médecin samedi matin à bordeaux si ça va pas. Mais j’y vais, je ne peux pas abandonner maintenant.

Une fois dans le train, mes maux de ventre commencent à se calmer. Arrivée à Bordeaux ça a quasiment disparu. J’espère alors de tout coeur que la nuit va réparer mon estomac.

Le jour J

Samedi matin, réveillée à 10H environ.. sans mal de ventre. La victoire ! Je ne pense même plus à aller voir un médecin, direction le village de départ récupérer mon dossard. On fait un tour rapide des stands, puis un petit tour dans la ville. Avec évidemment un passage obligatoire à la librairie indépendante Mollat que j’adore. Mais ce n’est pas le moment de craquer, je suis en plein challenge zéro achat et je viens de publier mon bilan de mi-parcours. Je repars donc les mains vides mais fière de moi. Finalement on rentre chez mon meilleur ami à 15h, on déjeune : la fameuse pasta party. Au programme : pâte au pesto et poulet. Je crois que c’est bien la première fois qu’il n’a pas à se casser la tête sur les repas.

L’après-midi passe, j’essaye de faire une petite sieste. J’arrive à dormir une petite heure. Puis nous partons vers 19H00 à pied pour rejoindre la ligne de départ. Soit 2Km à pied avant la course, de quoi mettre en jambe.

Le départ

Le départ est donné à 20H tapante, je pars dans le dernier SAS des 2H30 et +; je pars réellement vers 20H20. Les premiers kilomètres passent tranquillement, l’ambiance est dingue. Beaucoup de spectateurs nous encouragent en nous appelant par notre prénom, nous tendent la main pour qu’on les check. Le temps s’est dégagé, on assiste à un beau couché de soleil, en longeant les quais et traversant le pont Chaban Delmas. C’est le pied quoi.

On continue en repassant par le centre-ville rapidement et quelques petites rues. Jusqu’au Km 10 je me sens réellement bien, même si je guette mon chrono et remarque que je ne suis pas à mon rythme habituel depuis le départ. J’ai quasiment 30 sec par Km de retard sur mon temps habituel sur 10KM. Je comprends vite que je ne tiendrais pas ce rythme jusqu’à la fin, ça devrait même s’empirer. Et ce fut le cas.

Le début de la fin

J’ai vraiment tenu jusqu’aux kilomètres 13-14 puis le parcours se répète et là moralement j’en prend un sacré coup. J’ai fait les deux tiers, mais je connais déjà le premier tiers et mon dieu que c’est long ! Je commence à marcher à partir du kilomètre 16, quand on repasse une seconde fois sur le pont. Je ne m’entraîne jamais vraiment avec du dénivelé alors le moindre faux plat c’est une épreuve supplémentaire pour moi. Heureusement il y a plus de ravitaillement que prévus, plusieurs points d’eau, j’en profite pour souffler un peu et marcher quand je passe aux ravitaillements. Mon premier objectif étant de ne pas marcher : c’est raté.

Arrive le kilomètre 19 et le dernier pont qui me parait soudain être la muraille de Chine. Il n’en finit jamais. Il y a beaucoup de spectateurs qui sont encore là, nous soutiennent, nous disent qu’on est bientôt au bout qu’on ne peut pas lâcher maintenant. Alors je continue. Km 20, la fin du pont, je vois le village de départ illuminé, je refuse de marcher à partir de ce moment là.  Alors je cours sur les derniers mètres, difficilement. On dirait que je marche sur des orties en revoyant les vidéos. On voit que je souffre mais je franchis la ligne d’arrivée sans marcher.

A quoi pense-t-on quand on a fini un semi ?

Je pensais que j’allais en pleurer de joie d’avoir fini. Mais finalement je suis juste déçue de moi. J’ai franchi la ligne d’arrivée à plus 2H40, là où je voulais être à 2H20. Attention je ne cherche absolument à me faire plaindre, c’est juste un vrai constat. J’aurai aimé être fière de moi, mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti. J’ai mal, je m’en veux de ne pas avoir tenu un entraînement digne de ce nom. Si j’en suis là, c’est uniquement de ma faute, alors oui je suis déçue et rien ne peut y faire.  On me donne ma médaille je souris peut-être. Je retrouve mon meilleur ami, et l’homme qui m’ont soutenu tout du long. Je suis fatiguée, je n’ai rien mangé mais je veux juste dormir on verra le reste demain.

Le lendemain

Si j’ai très bien dormi la nuit avant le semi, la nuit d’après fut une horreur. Je me couche vers 2H du matin je crois, et je me réveille toute les heures jusqu’à 6H du matin avec l’impression de ne faire que somnoler.  A 9H30 je suis réveillée et impossible de me rendormir. L’appart est silencieux, j’attends que les hommes se réveillent une heure plus tard. A midi on décide d’aller manger sale : le fameux repas de la récompense. Un énorme burger avec des frites. On déjeune au Kokomo. Sauf que pour y aller, on doit encore marcher. Environ 2km. Jusque là ça va, mes jambes tiennent le coup.

Après déjeuner, on décide de faire un tour dans Bordeaux, notamment sur le village de départ à la boutique officielle. L’homme m’offre un t-shirt du semi. Puis on va chercher des cannelés, et l’écusson pour mon sac. Bref, de la marche, encore de la marche. Je suis tellement à bout que je ne dis plus rien. Signe que vraiment je suis fatiguée puisque je n’ai même plus la force de râler. On rentre vers 15H30-16h, je m’effondre sur le canapé-lit. Les bourriques m’auront fait marcher 10 km le lendemain d’un semi ! Tu m’étonnes que j’ai mal partout … J’émerge de ma sieste vers 17H. Je redeviens un semblant aimable, enfin je crois.

Et maintenant ?

Si j’ai mis autant de temps pour écrire cet article c’est un peu par flemme j’avoue, mais aussi et surtout parce que je devais digérer ma déception. Je sais que beaucoup ne comprendront pas que je sois déçue : c’était mon premier semi certes, mais j’avais un objectif de temps. Mon entourage a beau me répéter que c’est « déjà bien d’être arrivée au bout » ce n’était pas suffisant pour moi. Parce que je n’ai jamais douté que j’en viendrais à bout. Mon challenge c’était de le faire en 2H20 max. Sauf que voilà, un semi ne se prépare pas comme un 10km et les marges de progression ne sont pas les mêmes.

Maintenant que j’ai pu y réfléchir plus posément, je sais que j’ai envie de prendre ma revanche. Sûrement à l’année prochaine Bordeaux ! Et peut-être un autre d’ici là…